Une lettre ouverte sur la distance, les silences et l’inquiétude vécus par ceux qui aiment une personne ou une famille à Cuba.
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Une lettre ouverte sur la distance, les silences et l’inquiétude vécus par ceux qui aiment une personne ou une famille à Cuba.
Pour ceux qui aiment une personne, une famille ou un pays qu’ils ne peuvent pas toujours rejoindre.
Il y a des jours où aimer Cuba à distance devient lourd.
On attend un message qui n’arrive pas. On regarde son téléphone encore et encore. On ne sait plus si la personne qu’on aime est simplement occupée ou si, une fois de plus, l’électricité, le réseau ou la batterie du téléphone l’empêche de répondre.
Quand on a une conjointe, de la famille ou des amis à Cuba, la crise n’est pas une information lointaine. Elle entre dans la maison. Elle accompagne les journées. Elle se glisse dans les silences et dans les appels interrompus.
On attend le retour du courant.
On attend un peu de réseau.
On attend que le téléphone puisse charger.
On attend parfois toute une journée pour entendre une voix quelques secondes.
Pendant ce temps, la vie continue à Cuba, mais elle continue difficilement. Les familles composent avec les pénuries, les prix qui montent, le manque d’eau, les coupures de courant et l’incertitude du lendemain.
Ce ne sont pas des anecdotes racontées pour dramatiser. C’est le quotidien de nombreuses personnes qui essaient simplement de nourrir leur famille, de travailler, de prendre soin de leurs enfants et de garder un peu d’espoir.
Le dire, ce n’est pas chercher la confrontation. Ce n’est pas réduire Cuba à ses problèmes. C’est refuser de détourner le regard devant ce que vivent des millions de personnes.
Aimer Cuba, ce n’est pas seulement aimer ses plages, sa musique, ses paysages et la chaleur de son peuple. C’est aussi reconnaître la fatigue derrière certains sourires, l’inquiétude derrière certains silences et le courage nécessaire pour continuer malgré tout.
Je ne juge pas ceux qui voyagent à Cuba pour retrouver leur famille, leur conjointe, leurs enfants ou pour apporter de l’aide. Lorsque le cœur est là-bas, partir n’est pas toujours un luxe. C’est parfois une nécessité.
Mais il faut aussi se rappeler que derrière les images de vacances, il y a un pays réel. Derrière chaque hôtel, chaque plage et chaque sourire, il y a des travailleurs, des parents et des enfants qui vivent une situation extrêmement difficile.
Cuba, ce sont des familles.
Cuba, ce sont des visages et des histoires.
Cuba, ce sont des gens qui manquent de beaucoup de choses, mais rarement de courage.
Regarder cette réalité ne signifie pas renoncer à aimer Cuba. Au contraire. Cela signifie aimer ce pays autrement : avec respect, lucidité et conscience.
Le plus difficile est souvent de ne pas pouvoir faire assez. On ne peut pas rallumer le courant, faire revenir l’eau ou enlever l’inquiétude dans la voix de ceux qu’on aime.
Alors on aide comme on peut. On écoute. On envoie ce qu’on peut. On attend. On espère. Et le lendemain, on recommence.
Cette lettre n’est pas écrite pour diviser. Elle est écrite pour ceux qui attendent un message, pour ceux qui s’inquiètent chaque soir et pour ceux qui savent que derrière la beauté de Cuba, il existe une réalité qui fait mal.
Le véritable attachement à Cuba commence peut-être là : dans la capacité de voir sa douleur, de respecter son peuple et de ne jamais réduire ce pays à ce qu’il nous offre lorsque nous y sommes de passage.
Quand on aime vraiment Cuba, on ne regarde pas ailleurs.
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