68e2e42576343-scaled
Mis à jour le 8 avril 2026 — Publié le 4 août 2021
Métiers insolites à Cuba : quand la débrouille devient un savoir‑faire
La culture cubaine, riche et vibrante, se raconte aussi à travers une mosaïque de petits métiers parfois surprenants, souvent indispensables. Dans un contexte marqué par la pénurie, l’augmentation du coût de la vie, les difficultés d’approvisionnement et la coexistence de plusieurs formes de paiement (peso cubain, cartes, devises), beaucoup de Cubains ont développé une économie du “résoudre” : réparer, adapter, recycler, inventer… et offrir des services là où le marché ne suit pas.
Ce qui peut sembler insolite ailleurs est, à Cuba, une réponse pragmatique : faire durer les objets, gagner un revenu complémentaire et rendre service au voisinage. Voici une exploration plus complète de ces métiers, avec leurs rôles, leurs méthodes et ce qu’ils disent de la société cubaine d’aujourd’hui.
1) Le fil conducteur : pénurie + créativité = “culture de la réparation”
À Cuba, beaucoup d’objets du quotidien ont une valeur bien plus grande qu’ailleurs : casseroles, chaussures, ventilateurs, pièces de vélo, petits appareils électroménagers… Non pas par luxe, mais parce que remplacer peut être difficile, coûteux ou incertain. Résultat : une culture de la réparation très vivante, où l’on redonne une seconde, troisième, voire dixième vie aux objets.
Cette mentalité influence directement l’existence de métiers spécialisés : au lieu de jeter, on répare, on réutilise, on transforme.
2) Métiers “étonnants” (et très présents) dans la rue
A) Le “changeur” / dépanneur de monnaie (et de paiements)
Dans les villes, on croise encore des personnes qui rendent service autour de l’argent :
- faire de la petite monnaie (utile quand certains commerces ou transports manquent de rendu),
- aider à “dépanner” un paiement (par exemple en complétant un montant),
- ou, plus délicat : proposer un change informel de devises.
À savoir (important pour les voyageurs)
Le change informel existe, mais il peut être risqué (arnaques, faux billets, problèmes légaux). Si tu présentes ce métier dans un article, tu peux le décrire comme un service de dépannage né de la complexité monétaire, tout en rappelant qu’il vaut mieux privilégier les circuits officiels lorsqu’on voyage.
B) Le barbier ambulant (ou barbier “de trottoir”)
Le barbier ambulant fait partie du décor : une chaise, une cape, une tondeuse, parfois un miroir accroché au mur ou à une grille… et la coupe commence.
Ce métier répond à trois réalités :
- Prix accessibles : plus abordable qu’un salon “installé”.
- Proximité : il vient au client, dans la rue ou au coin du quartier.
- Lieu social : la coupe devient un moment de discussion, de blagues, d’échanges de nouvelles.
👉 Astuce rédactionnelle : souligne que le barbier ambulant n’est pas seulement un service, mais un petit théâtre de quartier.
C) Le nettoyeur de casseroles (“limpiador de calderos”)
C’est l’un des métiers les plus emblématiques de la réparation cubaine. L’artisan récupère des casseroles noircies, des marmites incrustées, des poêles usées, et les rend brillantes.
Comment ça fonctionne (simple, mais impressionnant)
- décapage par la chaleur (“candela”),
- refroidissement / nettoyage,
- polissage à la machine ou à la main.
Pourquoi ça existe ? Parce que remplacer une casserole de qualité peut être difficile. Ce métier incarne parfaitement l’idée cubaine : “ça se sauve”.
D) Le “fosforero” (réparateur / rechargeur de briquets)
À Cuba, les briquets jetables sont souvent… réparés. Le fosforero peut :
- recharger le gaz,
- changer la pierre,
- ajuster la mécanique,
- prolonger la vie d’un briquet censé être “non réutilisable”.
Ce métier illustre une adaptation remarquable : faire durer un objet très banal ailleurs, mais précieux en situation de pénurie.
3) D’autres métiers cubains à ajouter (pour une version plus complète)
A) Le réparateur de parapluies
Quand la pluie arrive, on comprend vite l’utilité : baleines, tissus, mécanismes… Le réparateur prolonge la vie d’un parapluie, et évite un achat souvent coûteux ou introuvable.
B) Le réparateur de lunettes (“espejuelos”)
Charnières, vis minuscules, branches cassées, ajustements… Ce petit atelier de rue ou de pas-de-porte dépanne des lunettes parfois impossibles à remplacer rapidement.
C) Le cordonnier (le grand retour)
Les chaussures “durent” à Cuba : on recolle des semelles, on refait un talon, on remplace un morceau de cuir, on renforce les coutures. Pour beaucoup, c’est moins une option qu’une nécessité.
D) Le réparateur d’électroménagers (ventilateurs, cuiseurs, lave-linge, etc.)
Très courant : un artisan capable de faire revivre des appareils parfois anciens, grâce à :
- des pièces récupérées,
- des bricolages ingénieux,
- une expertise acquise “en observant” et en pratiquant.
E) Le bicitaxero (chauffeur de “bicitaxi”)
Les bicitaxis (tricycles-taxis) sont une alternative de transport importante, surtout quand le carburant est cher ou rare. Beaucoup de conducteurs louent leur véhicule et travaillent de longues heures, en ville, pour vivre.
F) Le “colero” (vendeur de tours de file)
C’est un métier informel né d’un phénomène bien connu : les files d’attente (essence, argent aux guichets, magasins, démarches).
Le colero “garde” une place, vend un tour, ou organise une file contre rémunération.
👉 Point délicat : c’est un sujet sensible, car cette pratique est souvent dénoncée et peut être réprimée. Dans un article, tu peux l’aborder comme un symptôme de pénurie, pas comme une “activité normale”.
G) Les “mécaniciens de l’impossible”
Sans tomber dans le cliché, il est vrai que la mécanique à Cuba est un univers : voitures anciennes, pièces introuvables, solutions artisanales… Beaucoup de mécaniciens deviennent de véritables ingénieurs de terrain.
4) Ce que ces métiers disent de Cuba : solidarité, ingéniosité… et économie de survie
Ces métiers ne sont pas juste “pittoresques”. Ils révèlent :
- une économie circulaire (réparer au lieu de jeter),
- une inventivité technique (improviser avec peu),
- une solidarité locale (services entre voisins),
- et aussi les limites d’un quotidien où l’accès aux biens reste incertain.
Dans les quartiers, ces artisans jouent un rôle de stabilisateurs : ils permettent à la vie de continuer, même quand le marché ou l’approvisionnement ne répond pas.
5) Conseils (courts) pour intégrer ça dans un article de voyage
Si ton texte s’adresse à des voyageurs, tu peux ajouter un encadré “bonnes pratiques” :
- Observer et demander avant de photographier : toujours respecter les personnes.
- Éviter le change de rue : privilégier les options légales et sécuritaires.
- Valoriser le travail : payer le service au juste prix (et un petit pourboire si tu veux).
- Échanger : beaucoup d’artisans adorent expliquer leur savoir-faire.
Conclusion (version renforcée)
Explorer Cuba à travers ses métiers insolites, c’est comprendre une chose essentielle : la créativité cubaine n’est pas un folklore, c’est une stratégie de vie. Derrière chaque briquet réparé, chaque casserole rénovée ou chaque bicitaxi qui traverse la ville, il y a une leçon de résilience, de patience et de solidarité. Ces métiers forment une culture du quotidien où l’on “tient”, on s’adapte, on s’entraide—et où l’ingéniosité devient une fierté.
FAQ
1) Quels défis rencontrent les artisans cubains ?
Principalement : manque de matériaux, difficulté d’accès aux pièces détachées, instabilité des prix, et parfois une part d’informalité (absence de contrat, protection limitée). Beaucoup compensent par la récupération, le recyclage et l’inventivité.
2) Comment la culture de la réparation influence-t-elle la société ?
Elle renforce une logique d’économie circulaire : on prolonge la vie des objets, on réduit le gaspillage, on transmet des savoir-faire. Elle crée aussi des réseaux d’entraide : “je te dépanne aujourd’hui, tu me dépanneras demain”.
3) Ces métiers sont-ils reconnus à l’international ?
Ils restent souvent méconnus, mais intéressent de plus en plus les voyageurs, documentaristes et chercheurs, car ils illustrent une forme de “design de nécessité” et une économie du quotidien très particulière.
4) Le “colero” est-il un vrai métier ?
C’est plutôt une activité informelle née de la rareté (files d’attente). Elle peut être mal vue et parfois sanctionnée. Dans un article, présente-la comme un phénomène social révélateur des tensions économiques.
5) Où observer ces métiers ?
Partout : quartiers résidentiels, rues passantes, marchés, abords des transports, zones très fréquentées. La Havane est un terrain d’observation riche, mais on en voit aussi dans d’autres villes.
Partager cet article
📩 Abonnez-vous à notre Newsletter
Recevez directement nos dernières nouvelles, bons plans et astuces de voyage à Cuba 🌴