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Mis à jour le 8 avril 2026 — Publié le 31 juillet 2021
Les dominos à Cuba : bien plus qu’un jeu, un art de vivre
À Cuba, le domino n’est pas seulement un passe-temps : c’est un rituel social, un langage commun et un marqueur d’identité. Dans les quartiers de La Havane comme sur les perrons, dans les parcs ou au coin d’une rue, le claquement des tuiles sur la table annonce souvent la même chose : on se retrouve, on discute, on rit, on “vit” ensemble.
Une tradition mondiale… devenue cubaine
Contrairement à l’idée (très répandue) d’une origine “babylonienne vieille de 4 000 ans”, les sources de référence indiquent plutôt que les dominos prennent naissance en Chine, où ils sont mentionnés dès le Xe siècle (et se développent ensuite en lien avec des jeux inspirés des dés).
Ils apparaissent en Europe plus tard : les premières traces des dominos “occidentaux” sont rapportées au milieu du XVIIIᵉ siècle, notamment en Italie et en France, avant une diffusion plus large. le jeu s’est intégré à la vie quotidienne au point d’être souvent décrit comme un passe-temps national, au même titre (et parfois “au-dessus”) du sport-roi.
Un jeu emblématique de la vie sociale cubaine
Partout, tout le temps : rues, portails, parcs…
Ce qui frappe le visiteur, c’est la visibilité du domino : on y joue dehors, à proximité des maisons, dans les espaces publics et dans les lieux de rencontre informels.
Les parties deviennent des scènes de quartier : on observe, on commente, on taquine, on conseille… et parfois, on débat avec passion.
Une ambiance : convivialité, stratégie… et théâtre
Le domino cubain, c’est aussi une mise en scène : gestes, silences, regards, “petites phrases” et humour font partie du jeu. Les auteurs qui décrivent cette culture insistent sur un point : la partie est un événement social autant qu’un duel tactique.

Les règles à Cuba : deux grandes traditions selon les régions
Cuba se distingue par une particularité connue : l’usage fréquent du “double-neuf” (0–9) dans une large partie de l’île (notamment à La Havane et à l’ouest), alors que l’est de Cuba joue davantage avec le double-six (0–6), plus répandu à l’international.
1) À La Havane et dans l’ouest : le double-neuf (55 tuiles)
- Jeu : double-neuf = 55 tuiles
- Joueurs : le plus souvent 4 joueurs en 2 équipes (partenaires face à face)
- Distribution : 10 tuiles par joueur → 15 tuiles restent de côté (non jouées)
- Sens de jeu : généralement anti-horaire (contre les aiguilles d’une montre)
- Objectif : se débarrasser de ses tuiles (“finir”), ou gagner au blocage avec le plus petit total de points en main
- Score : souvent joué à 100 points (selon les tables/maisons)
Le fait que 15 tuiles soient “dormantes” change la lecture du jeu : plus d’incertitude, plus de déduction, plus de psychologie.
2) Dans l’est : le double-six (28 tuiles)
Dans la partie orientale de l’île, on préfère souvent le domino “classique” :
- Jeu : double-six = 28 tuiles
- Distribution fréquente : 7 tuiles par joueur en partie à 4
Un vocabulaire “à part” : quand le jeu devient langage
Le domino cubain est célèbre pour son jargon : des mots et expressions codés qui résument une situation de jeu… ou chambrent gentiment un adversaire.
Voici quelques incontournables (souvent cités) :
- “Darle agua” : mélanger les tuiles face cachée (comme “brasser de l’eau”)
- “Se trancó” / “Trancado” : la partie est bloquée, personne ne peut jouer
- “Me pegué” : “j’ai collé / j’ai fini” → je pose ma dernière tuile
- “Pollo” : gagner en laissant l’adversaire à zéro point sur la manche
- “Pollona” : victoire “coup de massue”, typiquement quand on dépasse 100 très vite selon les variantes de table
- “Bota gorda” : le joueur qui “balance” les grosses tuiles sans finesse (taquinerie classique)
- “Fresca” : tuile qui introduit un nouveau chiffre sur la table (souvent jugé risqué)
Ce lexique renforce l’idée que la partie est aussi un moment de performance sociale : on joue avec les tuiles… et avec les mots.
Domino et culture : de la rue à la compétition
Même si le domino est surtout un jeu de quartier, il existe aussi une dimension organisée : on rappelle notamment que La Havane a accueilli un Championnat du monde au début des années 2000, preuve du statut culturel du jeu dans l’île.
Vivre l’expérience : comment s’intégrer à une table cubaine
Si tu veux “vraiment” comprendre Cuba, assieds-toi à une table de dominos :
- Observe deux ou trois tours : le rythme et les habitudes varient.
- Demande la variante (double-neuf ou double-six) : cela change la distribution et la stratégie.
- Respecte le rituel : mélange (“darle agua”), placement, ordre… c’est presque cérémonial.
- Ne sois pas surpris du bruit : le claquement des tuiles fait partie du style.
FAQ (version enrichie)
Quelle est l’importance des dominos dans la culture cubaine ?
Ils sont décrits comme un rituel social très présent dans les quartiers : on y tisse des liens, on échange des nouvelles et on partage un moment collectif.
D’où viennent les dominos, historiquement ?
Les sources de référence situent l’origine en Chine (mentions anciennes dès le Xe siècle), puis une arrivée en Europe au XVIIIᵉ siècle (dominos occidentaux attestés au milieu du XVIIIᵉ).
Quelles différences de règles selon les régions cubaines ?
- Ouest / La Havane : plutôt double-neuf, 10 tuiles/joueur, 15 mises de côté.
- Est : plutôt double-six, 28 tuiles, souvent 7 tuiles/joueur en partie à 4.
Les dominos sont-ils “réservés aux hommes” à Cuba ?
Non : les descriptions insistent sur une popularité qui traverse âges, genres et milieux, le jeu étant appris très tôt en famille et pratiqué partout.
Où voir une partie en direct ?
Dans les parcs, sur les perrons, dans les rues et les coins de quartier – particulièrement les week-ends.
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