⚡ Cuba : nouvel effondrement total du réseau électrique national
Le ministère de l’Énergie confirme la « déconnexion totale » du SEN – protocole de rétablissement déclenché
Cuba a de nouveau subi, ce lundi 16 mars 2026, un effondrement total de son Système électro‑énergétique national (SEN). L’entreprise publique Unión Eléctrica (UNE) a confirmé la « déconnexion totale » et l’activation immédiate des protocoles de rétablissement, tandis que le ministère de l’Énergie et des Mines (MINEM) indique que les causes sont en cours d’enquête.
Selon les communiqués publiés en milieu de journée, la panne intervient après une journée déjà marquée par des coupures massives et des déficits de capacité continus sur l’ensemble de l’archipel. L’UNE avait prévenu, au lever du jour, d’une disponibilité d’environ 1 140 MW pour une demande de 2 347 MW, avant la déconnexion générale.
Un système à bout de souffle : chiffres et faits du 16 mars
Dans son point de situation du matin, l’UNE listait une cascade d’unités thermiques à l’arrêt pour panne ou maintenance (Mariel 5, Santa Cruz 2‑3, Felton 2, Antonio Maceo 3‑6, etc.) et évoquait près de 492 MW indisponibles pour « limitations thermiques ». Même en prévoyant l’entrée de Cienfuegos 4 (≈ 80 MW) en pointe, l’opérateur anticipait un déficit proche de 1 930 MW au pic du soir. Quelques heures plus tard, le SEN a décroché intégralement.
Dès la mi‑journée, des médias internationaux reprenaient l’alerte : « déconnexion totale » confirmée par l’UNE, protocole de redémarrage enclenché par paliers (« micro‑systèmes »/îlots), causes en analyse par le MINEM. Il s’agit au moins du sixième effondrement de ce type en un an et demi, dans un contexte de pénuries de carburant et de vieillissement accéléré des centrales.
Contexte immédiat : une semaine sous très forte tension
La panne du 16 mars survient moins de deux semaines après l’extinction de fait d’une large partie du pays (ouest et centre, jusqu’à La Havane), consécutive à l’arrêt imprévu de la thermoélectrique Antonio Guiteras – événement qui avait déjà mis en lumière la fragilité extrême du réseau. Les autorités comme les agences de presse avaient alors évoqué des délais de 72 heures pour remettre l’unité en charge et des rétablissements progressifs limités par la faible production disponible.
Dès le matin du 16 mars, l’UNE et des synthèses fondées sur ses données prévoyaient jusqu’à 62 % de l’île simultanément coupée au moment de la demande maximale, en raison d’un déficit structurel (capacité prévue ≈ 1 220 MW pour une demande ≈ 3 150 MW). Cette prévision pessimiste a été dépassée par l’effondrement complet survenu quelques heures plus tard.
Pourquoi le réseau « tombe » encore ? Trois causes‑racines
- Carburant insuffisant et génération distribuée à l’arrêt. Depuis le début de l’année, l’approvisionnement en pétrole et en produits raffinés est insuffisant, mettant à l’arrêt de vastes parcs de moteurs diesel/fioul qui assuraient jusqu’à 40 % du mix en soutien. Les déficits dépassent régulièrement 1 800–2 000 MW aux heures de pointe.
- Parc thermoélectrique âgé, pannes en chaîne. Les principales thermoélectriques (dont Guiteras, Felton, Mariel, Santa Cruz, Antonio Maceo) opèrent avec des pannes récurrentes, des mises hors‑ligne non planifiée et des maintenances prolongées qui réduisent drastiquement la réserve tournante ; une seule avarie peut déclencher une réaction en cascade et le « black‑start » du pays.
- Crise prolongée et incidents répétés en mars. Depuis début mars, deux tiers de la population se sont déjà retrouvés sans courant lors d’un blackout massif, l’UNE reconnaissant des périmètres d’affectation très étendus de Pinar del Río à Camagüey, et des rétablissements lents faute de production disponible.
Ce que l’on sait du rétablissement (au 16 mars, après‑midi)
- Procédures de redémarrage : l’UNE dit activer les protocoles de rétablissement par zones, d’abord via des micro‑îlots pour réalimenter services vitaux (eau, santé), puis resynchroniser progressivement les tranches. Cette méthode, déjà utilisée lors des effondrements précédents, prend du temps et reste conditionnée aux unités disponibles.
- Production solaire limitée en soirée : malgré l’apport des parcs PV à la mi‑journée, la pointe nocturne demeure le talon d’Achille ; même avec une puissance PV instantanée supérieure à 700 MW à midi, l’après‑coucher oblige à compter sur le thermique… indisponible.
- Capacité attendue ce soir‑là : avant la chute complète, l’UNE tablait sur ~1 220 MW disponibles pour ~3 150 MW de demande, soit ~1 930 MW de déficit – des chiffres qui cadrent avec l’ampleur de l’effondrement observé ensuite.
Des impacts quotidiens qui s’aggravent
Les coupures prolongées (18–20 h/jour dans certaines provinces) perturbent alimentation en eau, chaînes du froid, transport, communications et services hospitaliers ; plusieurs villes de l’ouest ont récemment connu plus de 24 h de coupure cumulée, avec des rétablissements par tranches infimes faute de marge de production.
La succession de blackouts a aussi ravivé la contestation sociale (casserolades, rassemblements) dans différents territoires ces derniers jours, dans un climat d’exaspération lié aux pénuries d’énergie et de carburant.
Et maintenant ? Les scénarios à court terme
- Rétablissement graduel, potentiellement sur 24–48 h ou davantage selon l’état réel des unités thermiques critiques (notamment Guiteras et Felton), la disponibilité en fioul/diesel et la réussite des resynchronisations. Les précédents du 4–5 mars montrent que 72 h peuvent être nécessaires pour stabiliser une grande tranche après avarie.
- Déficits persistants en soirée : même rétabli, le SEN restera très contraint aux pointes, avec des coupures tournantes probables tant que la génération distribuée restera à l’arrêt faute de carburant.
- Risque de rechute : la faible redondance du réseau et la vieillesse des unités rendent plausibles de nouvelles oscillations ou déconnexions partielles, surtout si la demande s’écarte des prévisions.
À retenir
- Le 16 mars 2026, Cuba subit un nouvel effondrement total de son réseau électrique national, confirmé par l’UNE ; le MINEM lance l’enquête sur les causes et le protocole de rétablissement.
- L’événement s’inscrit dans une crise énergétique aiguë : déficits > 1,8–2,0 GW, pénurie de carburant, centrales vétustes, arrêts non planifiés.
- Les impacts (eau, santé, transports, internet, chaîne du froid) sont immédiats et répétés, avec des rétablissements lents faute de marge de production.
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