
L’espace aux jambes sur WestJet : les conseillers voyages alertent
Une vidéo virale mettant en scène des passagers de WestJet visiblement à l’étroit sur leurs sièges a ravivé le débat sur le confort en vol, générant de vives réactions parmi les conseillers en voyages partout au Canada. Ce sujet sensible, l’espace pour les jambes en avion, est depuis longtemps une source d’insatisfaction pour de nombreux voyageurs, qu’il s’agisse de vols courts ou longs. Cet événement soulève des questions cruciales sur les normes et l’expérience offerte aux passagers.
L’origine de la polémique : une vidéo virale qui interpelle
La semaine dernière, une vidéo devenue un phénomène viral, et relayée notamment par CityNews, a mis en lumière la problématique de l’espace aux jambes sur WestJet. Vue plus d’un million de fois sur les réseaux sociaux, elle montre les parents d’une certaine Amanda luttant pour étendre leurs jambes, leurs genoux pressés contre le dossier du siège précédent. La mère d’Amanda, interrogée non sans humour par sa fille, répond avec un « c’est impossible ! » cinglant, illustrant l’inconfort ressenti.
Absence de réglementation et reconfiguration des cabines WestJet
Gábor Lukács, défenseur des droits des passagers, contacté par CityNews, estime que cette vidéo révèle une lacune réglementaire majeure au Canada. Il souligne l’absence de normes fédérales concernant un espacement minimal entre les sièges ou un espace pour les jambes requis sur les vols commerciaux. En réponse, WestJet a déclaré que la vidéo présentait « l’un de nos appareils récemment reconfigurés, et cet avion fonctionnait avec une cabine entièrement en classe économique ».
Le transporteur justifie cette approche en affirmant avoir « été pionnière dans l’accessibilité du transport aérien pour un plus grand nombre de Canadiens » grâce à des coûts bas et des tarifs abordables. Pour maintenir cette politique, de nouveaux produits sont expérimentés, incluant l’ajout d’une rangée supplémentaire en variant l’espacement des sièges entre 38 et 28 pouces. WestJet précise que ces espacements sont conformes aux pratiques des autres compagnies aériennes nord-américaines.
- Actuellement, 21 appareils de leur flotte sont configurés de cette manière.
- La compagnie effectue une surveillance attentive des retours clients et employés pour évaluer cette configuration.
- La sécurité est primordiale : la reconfiguration a fait l’objet d’un vaste processus de sécurité et de certification.
- Toutes les modifications respectent les normes rigoureuses de Transports Canada et les critères internes de WestJet.
L’impact sur la clientèle et l’avis des conseillers voyages
Cette affaire n’est pas sans conséquences pour WestJet, comme en témoignent plusieurs conseillers en voyages.
Une inquiétude grandissante chez les voyageurs
Gary Rams, conseiller en voyages chez Crowfoot Travel à Calgary, a déjà constaté un impact direct sur les décisions de ses clients. « Des clients qui ont vu ou entendu parler de la vidéo m’ont fait part de leurs inquiétudes concernant WestJet et envisagent d’autres compagnies », confie-t-il. Il estime que « si je dirigeais une compagnie concurrente, je mettrais l’accent sur le confort et le service client pendant que WestJet coupe dans tout et tente de gagner quelques dollars de plus ».
Pour M. Rams, l’espace aux jambes est une problématique bien plus sérieuse que les frais pour les sièges ou les bagages. Il ne s’agit pas seulement d’un inconvénient, mais de « des heures d’inconfort physique et l’obligation de tordre ton corps juste pour rentrer dans ton siège », explique-t-il.
La classe économique : un inconfort généralisé
Carol Murray, conseillère chez Your Vacation Home, observe que si ses clients ne mentionnent pas directement la vidéo, les plaintes concernant l’inconfort en classe économique sont monnaie courante. « Beaucoup de mes clients redoutent les longs vols parce qu’ils savent à quel point la classe économique est devenue inconfortable », dit-elle. Cette réduction d’espace pourrait, selon elle, exacerber l’irritation des passagers.
Mme Murray pense fermement qu’« il est temps que le gouvernement intervienne et réglemente des dimensions minimales pour les sièges ». Elle ajoute que seuls les voyageurs plus fortunés se laissent convaincre de passer à une catégorie de sièges supérieure. Elle voit dans ce débat une dimension plus large de lutte des classes : « Il est temps que les 99 % se mobilisent pour défendre un droit à des sièges confortables. Rendre les vols en économique agréables à nouveau profiterait à toute l’industrie du voyage ».
Des clients qui se détournent de WestJet
Marianne Vogel, propriétaire de Just for You Travel & Consulting, affirme que davantage de clients recherchent désormais des alternatives à WestJet. « Les gens disent se sentir comme des sardines en boîte », rapporte-t-elle. Beaucoup se tournent vers d’autres compagnies aériennes qui « proposent encore des sièges plus raisonnables et un meilleur service », percevant que « ce virage vers davantage de compression nuit à la confiance » des voyageurs.
Précautions de sécurité et santé en question
À l’autre bout du pays, Marilyn Stainer, conseillère chez Envoyage, partage ces préoccupations et met en garde contre les implications. « Ce n’est pas sécuritaire », estime-t-elle, s’inquiétant de la capacité des passagers à évacuer rapidement en cas d’urgence. Elle souligne également les risques pour la santé liés à de longues heures dans un espace aussi restreint. « Les agents de bord devront gérer encore plus de plaintes et il n’y aura plus de place pour les sacs sous les sièges, ce qui obligera à les placer en hauteur, créant encore plus de problèmes », ajoute-t-elle. À terme, « les clients éviteront complètement de voler avec WestJet », craint-elle.
À retenir sur l’espace aux jambes WestJet
- La vidéo virale expose un réel inconfort des passagers face à l’espace aux jambes réduit.
- Il n’existe aucune norme fédérale canadienne régulant l’espacement minimal des sièges.
- WestJet justifie ses reconfigurations par la nécessité de proposer des tarifs abordables.
- Les conseillers en voyages observent une détérioration de l’image de WestJet et un report vers d’autres compagnies.
- Les préoccupations s’étendent au-delà du confort, incluant la sécurité et la santé des passagers.
- Le confort en vol redevient un critère déterminant pour le choix des compagnies aériennes.
En conclusion, la problématique de l’espace aux jambes sur WestJet, mise en lumière par une vidéo virale, a réactivé un débat crucial sur le confort des passagers et les pratiques des compagnies aériennes. Les conseillers en voyages, en première ligne face aux clients, rapportent une préoccupation grandissante des voyageurs, impactant directement leurs décisions de réservation. Si WestJet justifie ses choix par la volonté de maintenir des tarifs accessibles, il est clair que cette stratégie a un coût en termes de satisfaction client et de perception de la marque. Cette situation pourrait inciter à une réflexion plus profonde sur la réglementation de l’espace en cabine et l’équilibre entre prix abordable et expérience de vol décente, redonnant au confort sa place de facteur clé dans l’industrie du voyage.
Source : Profession Voyages
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