
Cuba : Record historique de coupures de courant et effondrement énergétique
Le 2 mars 2026 restera gravé comme une date sombre dans l’histoire de Cuba. L’île enregistre son pire record de coupures électriques, avec près de 64 % du territoire national plongé simultanément dans l’obscurité au moment de la demande maximale. Un niveau dramatique jamais atteint auparavant, selon le rapport officiel de l’Unión Eléctrica (UNE) et relayé par l’agence EFE. Cette panne massive ne fait qu’aggraver une crise énergétique déjà extrême, qui paralyse désormais l’économie et la vie quotidienne de millions de Cubains.
Quels sont les facteurs derrière cet effondrement énergétique sans précédent et quelles en sont les répercussions profondes ?
L’ampleur de l’effondrement : 64% du pays sans électricité
Les chiffres officiels témoignent de l’ampleur catastrophique de la situation. Pour cette journée du 2 mars 2026, la demande électrique maximale était estimée à 3 180 MW, mais la capacité de production disponible n’atteignait que 1 185 MW. Il en résulte un déficit colossal de 1 995 MW, entraînant des coupures qui ont affecté jusqu’à 64 % du pays, soit environ les deux tiers de la population. Ce nouveau record surpasse le précédent datant du 30 janvier 2026, où 63 % du territoire était déconnecté.
Dans de nombreuses provinces, les habitants rapportent des coupures de 18 à 20 heures par jour, plongeant des villes entières dans l’obscurité quasi-totale. Une situation intenable qui interrompt les communications, paralyse les transports et freine toute activité économique.
Les Rouages d’une Crise Énergétique Profonde à Cuba
1. L’impact du « Siège Pétrolier » Américain
Le gouvernement cubain, soutenu par les rapports d’EFE, pointe du doigt un « assaut pétrolier » orchestré par les États-Unis depuis janvier 2026. Ce durcissement brutal des sanctions et restrictions a entraîné une évaporation des importations de fioul et de diesel. Ces carburants sont absolument indispensables pour alimenter les centrales thermiques et les unités de génération distribuée de l’île. Privée de cette ressource vitale, la capacité de production énergétique de Cuba est asphyxiée. En outre, l’impact sur cuba électricité est particulièrement visible dans ce contexte.
2. Un Parc Thermoélectrique Vieillissant et Fragile
Le système électrique cubain repose sur un parc de centrales thermoélectriques dans un état de délabrement avancé. Jusqu’à 8 unités sur 16 sont régulièrement hors service en raison de pannes, d’incendies ou de maintenances forcées. De nombreuses machines ont plus de 40 ans, et l’estimation des besoins en réparation se situe entre 8 et 10 milliards de dollars américains. Une somme colossale que le pays éprouve des difficultés à réunir.
3. La Paralysie de la Génération au Diesel
Le réseau de moteurs au diesel, qui représentait historiquement près de 40 % du système électrique cubain, est totalement à l’arrêt depuis janvier, faute de carburant. Cette source d’énergie, essentielle pour compenser les défaillances du réseau principal, est désormais hors service, aggravant considérablement la situation.
4. Le Solaire : une Solution Insuffisante pour le Pic Nocturne
Malgré les efforts d’implantation de 51 nouveaux parcs solaires, capables d’injecter jusqu’à 840 MW en plein soleil, cette énergie verte ne peut compenser le déficit lors du pic de consommation, qui a lieu en soirée. Le solaire ne peut donc pas à lui seul résoudre le problème structurel de la demande nocturne.
Les Conséquences Dévastatrices pour la Population et l’Économie
Les répercussions de ces coupures généralisées et prolongées sont dramatiques :
- La Havane à l’agonie : La veille du record, la capitale a subi plus de 13 heures et 33 minutes d’interruption électrique, selon la Empresa Eléctrica de La Habana.
- Économie paralysée : Les usines sont à l’arrêt, les transports publics immobilisés, les commerces contraints de fermer, et des pertes massives de produits périssables sont enregistrées.
- Population à bout : Les Cubains endurent des nuits sans ventilation, craignent pour la conservation de leurs aliments, peinent à cuisiner et voient leurs réseaux de communication s’effondrer. Les réseaux sociaux et la presse indépendante témoignent d’un mécontentement social généralisé, rarement vu depuis des décennies.
Un Système au Bord de l’Effondrement Total
Les experts s’accordent à dire que cette crise est structurelle, résultant de décennies de sous-investissement. Le blocus énergétique actuel n’est qu’un accélérateur, exposant la fragilité d’un système qui ne dispose que d’un tiers de la capacité nécessaire pour un fonctionnement normal.
Que nous réservent les prochains jours ?
Si la situation ne s’améliore pas, les prévisions sont sombres. L’île pourrait connaître des coupures dépassant les 20 heures quotidiennes, une rupture durable du système électrique, des pannes totales régionales sans préavis, et l’effondrement de services essentiels tels que l’approvisionnement en eau, la santé et les transports.
Conclusion : Un Jour Noir et un Avenir Incertain
Le 2 mars 2026 restera un jour noir dans l’histoire énergétique de Cuba. Avec 64 % de l’île simultanément plongée dans l’obscurité, le système électrique est clairement au bord de la rupture. Cette situation critique est le résultat d’une convergence complexe de défaillances techniques chroniques, accentuées par les sanctions géopolitiques et l’absence cruciale d’investissements majeurs depuis des décennies. La population cubaine, déjà éprouvée par près de deux ans de crise, fait face à un avenir énergétique plus incertain que jamais, où l’obscurité semble devenir la norme.


